lundi 25 août 2014

Changement de disque

C'est amusant de voir ce que le discours officiel, fait pour une bonne partie de langue de bois, devient dès lors que ceux qui le tiennent ont quitté l'entreprise... Même au plus haut niveau !
On en veut pour preuve ces quelques extraits choisis d'un entretien avec Jean-Luc VERGNE*, ex-DRH Groupe de BPCE :

- "Aujourd'hui l'entreprise manage avec les chiffres et du quantitatif, multiplie les entretiens et les outils qui ne servent en rien les carrières, ni les rapports entre les individus. Nul ne se préoccupe plus du comment faire, ni de l'humain..."

- "A mon sens, la relation contractuelle qui unit aujourd'hui les jeunes avec l'entreprise n'est pas une bonne base de départ ni de collaboration."

- " Il faudrait revenir au management du travail, replacer les relations sociales au coeur du système."

Ce n'est pas nous qui le disons... mais nous sommes ravis de voir que, quelques années après, il est  finalement d'accord avec nous.

Et pour l'anecdote, on ne peut pas s'empêcher de vous livrer ce terrible aveu de notre ancien DRH concernant sa difficile réinsertion en tant que retraité : "Pendant trois mois, ce fut le trou d'air, j'ai du réapprendre la vie de monsieur Tout le monde. Acheter des billets de train, aller dans un bureau de poste envoyer un recommandé fut un apprentissage au sens premier du terme pour un dirigeant qui avait un collaborateur pour chaque chose  !"

On s'en doutait un peu mais c'est confirmé : les gens qui nous dirigent ne savent pas acheter un billet de train ni envoyer un recommandé. C'est quand même un peu inquiétant, non ?

* Source : Les Echos Business du 18 août 2014

mercredi 13 août 2014

Télétravail : BPCE va bientôt frôler le ridicule...

Dans un article du 13 août, Les Echos annoncent que la Société Générale se met à l'heure du télétravail.
Celui-ci a en effet été plébiscité par les salariés lors d'un sondage effectué en 2013. Plus de 40% d'entre eux avaient notamment déclaré passer plus d'une heure chaque matin dans les transports...

Après une expérimentation menée pendant plusieurs mois avec quelques centaines de collaborateurs, la Société Générale  est sur le point de signer un accord avec les organisations syndicales pour une durée de deux ans, permettant aux salariés qui le souhaitent (sous réserve de l'accord de leur direction) de télétravailler entre une demi-journée et deux jours par semaine et de bénéficier d'un équipement de leur domicile en matériel informatique, adapté aux besoins en termes de sécurité informatique, ainsi que d'une assurance pour couvrir d'éventuel sinistres.

Et la Société Générale n'innove pas dans ce domaine : le Crédit Agricole et la filiale bancaire de La Poste bénéficient déjà de dispositifs du même type et d'autres groupes bancaires mènent ou ont mené ces dernières années différentes expérimentations.

Et nous ? Rien. Voilà pourtant plusieurs années maintenant que l'UNSA réclame, lors de chaque NAO (Négociation Annuelle Obligatoire), l'ouverture de négociations sur le télétravail. Mais la direction refuse d'aborder le sujet, ne serait-ce que sous forme de discussions (qui permettraient de clarifier les positions des uns et des autres pour, éventuellement, entamer ensuite une négociation). Nous sommes pourtant certains qu'un bon nombre de collaborateurs adhéreraient à ce nouveau mode de travail (qui n'aurait bien entendu rien d'obligatoire) et que cela leur serait profitable, ainsi qu'à BPCE.

On a bien compris que pour la direction, la banque digitale, la banque 100% en ligne, ça ne vaut que pour les clients, du moins dans les campagnes de communication, externe (publicité) ou interne... Mais dans les faits, on en est encore loin et ce n'est certainement pas en bridant le souhait de certains collaborateurs de mieux utiliser les outils technologiques dont on dispose, qu'on va y arriver !



lundi 11 août 2014

On ne dit pas...

La langue de bois étant désormais présente à tous les niveaux dans notre belle entreprise (cf. le dernier message de François Pérol et le dernier numéro de Couleur(s) BPCE) , vous trouverez ci-dessous quelques éléments vous permettant de traduire les messages de la direction... et, pour ceux qui le souhaitent, de parler eux aussi ce merveilleux langage du pays des bisounours.

ON NE DIT PAS                                                       ON DIT
corvéable à merci                                                                                 membre volontaire de la task force
plan d'économies généralisé                                                                grandir autrement
Votez pour le projet porté par votre Directeur                                       votez pour la meilleure innovation
Désolé, je me suis planté sur la prime Sarko                                        rien...
Il y a un problème de sécurité à la cafétéria                                       Coeur de Ville est une brillante idée du Club des 100
On dégraisse les effectifs                                                                     J'ai Une Mobilité Personnalisée
Augmentations de salaire : walou !                                                     ces résultats sont les vôtres, vous pouvez en être fiers
On a 10 ans de retard sur le net                                                          la signature électronique est un beau succès
Que vont devenir les salariés d'IT-CE et d'I-BP ?                                cloud computing
Ce projet, c'est la traversée de l'atlantique à la rame                         je vais passer en comité de validation

mercredi 6 août 2014

1er semestre : des bons résultats... mais qui vont profiter à qui ?

 « Vous pouvez être légitimement fiers de ces résultats, qui sont les vôtres. Fiers aussi que votre Groupe et chacune de ses entreprises soient ainsi en mouvement, innovantes et actives dans tous leurs métiers. Avec toute l'équipe de direction générale, je voulais vous remercier pour ces résultats et vous dire que nous partagions pleinement votre fierté. »

Ainsi  se termine le message de François Pérol, visiblement satisfait des résultats du Groupe sur le premier semestre. Nous aussi sommes satisfaits de voir que le Groupe se porte bien et a su passer entre les gouttes des amendes américaines (cf. les récentes mésaventures de BNP Paribas) et des banques portugaises en difficulté (cf. le Crédit Agricole).

Mais si on pouvait partager autre chose, en plus de la fierté, ce serait une encore meilleure nouvelle ! Certes, les chiffres annoncés pour ce premier semestre sont plutôt encourageants pour l’intéressement qui sera versé l’année prochaine (même s’il est encore trop tôt pour faire des projections)… mais rappelons que les salariés de BPCE SA ne bénéficient pas de la participation (à la différence des salariés de Natixis, des Banques et des Caisses), n’ont jamais touché le moindre euro au titre de la prime de partage des profits, et que les augmentations collectives des 3 dernières années ont atteint des niveaux qui constituent des records historiques de faiblesse !


Il serait peut-être temps que la reconnaissance des bons résultats se traduise autrement qu’en éléments variables et aléatoires… Mais on aura l’occasion de revenir sur ce sujet à la rentrée.

mardi 5 août 2014

Tract du 5 août


Lamentable…



Aujourd’hui, un article sur le blog de la CFTC utilise  à des fins polémiques et  politiques, le suicide d’une hôtesse d’accueil qui s’est produit le 17 juillet  dans les locaux de Tombe-Issoire. L’objectif de cet article : dénoncer le fait que la délégation d’enquête du CHSCT a été restreinte et constituée d’un seul représentant du personnel (un élu UNSA), en plus d’un représentant de la direction, tout en évoquant un « entre-soi dont l’UNSA et la direction sont si coutumiers ».

Nous ne souhaitons pas nous abaisser en donnant  à ces attaques indignes d’un syndicat plus d’importance qu’elles n’en méritent. Mais nous ne pouvons pas non plus nous laisser ainsi insulter, ni laisser passer sans la dénoncer une telle récupération d’un événement aussi grave.

Nous  faisons donc remarquer à nos confrères de la CFTC qu’une fois de plus, ils se trompent de combat et d’adversaire et que ce type de comportement, dont le syndicalisme ne ressort pas grandi, est précisément la raison pour laquelle, au sein des différentes instances de représentation du personnel, nous ne souhaitons pas leur donner une place  plus importante que celle issue du résultat des dernières élections et du  droit du travail .


Le bureau UNSA BPCE