lundi 29 septembre 2014

Transfert d'activités de la DISG à Natixis : copie à revoir

Vendredi 26 septembre, lors de la réunion du Comité d'entreprise, le projet de transfert des activités de gestion de l'immobilier et de la logistique de BPCE SA vers Natixis SA a été présenté par Aline BEC et Laurent BERCHE.

Ce projet, qui concerne près de 40 salariés de BPCE SA, en dépit de la présentation qui a été faite, nous semble toujours aussi flou...

L'objectif serait de réaliser des synergies (mot élégant pour "économies") grâce à la mutualisation des appels d'offres, des contrats, des prestations... et l'enjeu serait apparemment de faire une économie globale de l'ordre de 1 million d'euros. On ne peut dire que "de l'ordre de" car le tableau qui a été présenté comportait... 6 lignes !

Mais depuis quand a-t-on besoin de transférer des salariés d'une entité à une autre pour mutualiser des coûts  ? Cette mutualisation n'est-elle pas possible en l'état ? Pourquoi une quarantaine salariés devraient-ils changer d'employeur (Natixis au lieu de BPCE) alors que 10 seulement seront amenés à changer de situation géographique ?

Et surtout, pourquoi démanteler un direction qui, dans les récentes enquêtes menées auprès des salariés, obtenait des résultats parmi les meilleurs et ressortait comme une direction "modèle" ?

En outre ce projet soulève d'autres questions quant aux conséquences sociales pour les personnes transférées, mais aussi sur les conséquences pour les autres salariés, dont la vie quotidienne sera nécessairement impactée par cette réorganisation.

Dans ces conditions, il n'était pas question pour le CE de rendre un avis. C'est la raison pour laquelle le CHSCT a été saisi par le Comité d'entreprise, afin dans un premier temps d'examiner le projet sous l'angle des conditions de travail et des éventuels risques psychosociaux et obtenir son avis.



mercredi 10 septembre 2014

François Pérol à l'Express aujourd'hui : "Il n'y a pas d'austérité en France"

Récemment nommé à la tête de la FBF (alors que l'affaire concernant les conditions de sa nomination continue de traîner en longueur...), François Pérol a répondu à quelques question de l'Express.

Il y affirme notamment qu'il n'y a pas d'austérité en France.
Cela rassurera sans doute les salariés de BPCE, après 3 années marquées par des augmentations de salaires réduites à leur plus simple expression : 
- en  2012 : 450 € (bruts) de « prime », convertie en salaire annuel au 1er janvier de l’année suivante, uniquement pour ceux dont la rémunération est inférieure à 70 K€ ;
- en 2013 : 450 € (bruts) pour les salariés dont la rémunération était inférieure à 50 K€ ;
- en 2014 : 0,6% pour les salariés dont la rémunération est inférieure à 60 K€, mesure décidée unilatéralement par l’employeur, comme en 2012 et 2013 ;

Dans le même temps, de combien ont augmenté les prix de l'énergie et du carburant, l'impôt sur le revenu, les taxes foncières et d'habitation, la part non remboursée des frais de santé (pour ne citer que les postes les plus importants) ?   

Ce serait sympathique de la part de François Pérol, avant de s'occuper de l'état de la France, de s'occuper de celui des salariés de BPCE SA et d'expliquer à tous ceux qui dépassent les plafonds indiqués ci-dessus (plus de la moitié de l'effectif de BPCE, quand même) et qui n'ont par ailleurs pas obtenu d'augmentations individuelles sur la période, ce qu'il entend au juste par "il n'y a pas d'austérité". 

Mais peut-être faisait-il allusion à la rémunération des dirigeants de BPCE qui a progressé (dixit Arnaud Montebourg récemment) de 29% sur 1 an ?

A moins que l'explication se trouve dans la suite de sa déclaration à l'Express, puisqu'il ajoutait pour démontrer la pertinence de son propos concernant la France "qu'il n'y a pas de baisse de salaires comme dans d'autres pays" 
La, évidemment, on comprend mieux le fond de sa pensée...


P.S. : définition du petite Larousse pour "austérité" : politique économique visant à réduire l'ensemble des revenus disponibles pour la consommation, par le recours à l'impôt, au blocage des salaires...

mardi 2 septembre 2014

Tract du 2 septembre - 1ère partie

L’accord sur le temps de travail remis en cause

Lors de la réunion du Comité d’entreprise du 24 juillet, l’employeur nous a fait part de sa décision de réviser l’accord signé en octobre 2010, relatif à la durée du temps de travail. Dans le contexte actuel, on imagine mal que son objectif soit d’accorder aux salariés, à cette occasion, des avantages supplémentaires…
Merci aux apprentis sorciers
La raison de cette décision ? Un courrier reçu de l’Inspection du travail concernant les horaires de travail des salariés affectés à la mission AQR, suite aux constats faits lors de leur venue à la demande de syndicats minoritaires, qui avaient souhaité engager un bras de fer avec la direction à cette occasion. L’UNSA avait préféré entamer un dialogue avec la direction pour négocier un ensemble de mesures visant à encadrer les surcharges de travail  liées à cette mission exceptionnelle (cf. nos tracts des 8 et 17 avril). Une fois de plus, les faits nous donnent raison…  Ce courrier de l’Inspection du travail informe la direction qu’un procès-verbal des infractions constatées va être adressé au Procureur de la République et que notre accord sur la durée du temps de travail doit être revu, notamment afin de mettre en place des mesures strictes de contrôle permettant de veiller au respect de son application.
Une victoire à la Pyrrhus
Cette décision de l’Inspection du Travail est sans doute une satisfaction pour certains salariés directement ou indirectement impactés par la mission AQR, peut-être un peu arbitrairement qualifiés de « volontaires » par la direction et qui se seraient volontiers passés de séances de travail de nuit et de plages de repos inférieures au minimum conventionnel. L’UNSA se réjouit  donc que l’employeur doive mettre fin aux débordements constatés dans le cadre ponctuel de la mission AQR. Mais ce dénouement  risque d’avoir un coût élevé, pour l’ensemble des salariés de BPCE et ce, bien au-delà de la mission AQR qui prendra bientôt fin.

La boîte de Pandore
L’accord sur la durée du temps de travail ne se limite pas à fixer la durée minimum du temps de repos quotidien pour les salariés au forfait jour, ou la durée quotidienne maximum de travail pour les salariés à l’horaire collectif.
En effet, cet accord définit également le nombre de jours de congés, de RTT, le dispositif d’horaires variables, le temps partiel et à taux réduit… et toutes les modalités d’organisation et de mise en œuvre de ces dispositions.
Jusqu’à présent, le bon fonctionnement de ces dispositifs, notamment pour les salariés au forfait jour qui représentent plus de 80% des effectifs,  reposait sur la responsabilité des salariés (système déclaratif) et le suivi de leurs managers. Demain, dans le cadre d’un accord prévoyant un contrôle drastique des horaires de travail mais aussi des sanctions, tout cela risque d’être remis en cause. Et dans le pire des cas, à défaut de signature d’un accord, les moins bonnes dispositions de la convention collective AFB s’appliqueraient à nous….

L’employeur n’y va pas avec le dos de l’AQR…
Quelle belle opportunité pour l’employeur ! A cause de l’inspection du travail, le voilà « obligé » de mettre en œuvre des dispositifs de contrôle… ce qui lui donne l’occasion de remettre en cause d’autres dispositions. Et qui va devoir maintenant tout faire pour  limiter la casse ? L’UNSA, évidemment.

Quoi qu’il en soit, pour l’UNSA, la négociation sur la révision de notre accord ne peut pas s’exempter d’un encadrement du travail nomade lié, notamment, aux outils de communication mis à disposition de plus en plus de salariés de BPCE (voir au dos).

Tract du 2 septembre : 2ème partie

Contrôler le temps de repos, ça semble simple. Et pourtant…

La solution est sous nos yeux et semble tellement simple : il suffit que chacun « badge » comme le font aujourd’hui les salariés à l’horaire collectif.  Mais peut-on se contenter de cela ?

Les salariés au forfait jour peuvent en effet gérer leur emploi du temps avec beaucoup d’autonomie. Pour cela ils peuvent notamment utiliser toutes les ressources offertes par les technologies informatiques et de communication : clés USB, ordinateur portable, connexions distantes, Blackberry et autres smartphones.

Demain, se posera inévitablement la question d’encadrer l’utilisation de ces moyens technologiques afin d’éviter les abus pouvant conduire aux mêmes débordements que ceux constatés lors de la mission AQR.

D’une part, l’autonomie des cadres au forfait jour risque d’être réduite, avec l’obligation pour eux de poser une demi-journée en cas d’absence le matin ou l’après-midi.

D’autre part, l’employeur peut mettre en place une coupure systématique et automatique des lignes et des réseaux permettant le travail à distance.

Il restera à régler les questions des déplacements, des rendez-vous et réunions à l’extérieur… autant de formalités administratives qui risquent de s’avérer lourdes à gérer pour les salariés de BPCE.

A moins que… la direction opte pour une solution encore plus simple et décide purement et simplement de revenir aux horaires collectifs pour l’ensemble des salariés !