mardi 2 décembre 2014

Langue de bois... c'est l'hôpital qui se moque de la charité !

Le texte ci-dessous est extrait d’une interview accordée par François Pérol au magazine Challenges. Comme souvent, nous y avons ajouté quelques commentaires, en rouge…

Comment qualifier la relation entre le monde politique et le business ?
Objectivement, elle est mauvaise. Dans une période récente, j’ai été frappé par la difficulté des hommes politiques à exprimer librement un point de vue et à s’engager, même dans un cercle restreint. Et même très restreint, le cercle en question ! Récemment un ministre recevait des patrons avant le sommet de Davos. Alors que c’était une occasion parfaite pour engager un dialogue libre, il a servi une langue de bois à débiter au rabot… Parce que lui ne fait jamais ça, à l’occasion des vœux ou lorsqu’il nous annonce les résultats, peut-être ? Entre les patrons et les politiques, le dialogue n’est pas assez confiant. Entre les patrons et les syndicats non plus, soit dit en passant… Les patrons ne font pas de politique (première nouvelle !), ils cherchent simplement à faire avancer leur entreprise. Ils devraient pouvoir parler des choses par leur nom sans être voués aux gémonies.

Quelle mesure prioritaire pour faire bouger le pays ?
Il y a une mine d’or (pour qui ?) derrière la volonté de simplification. Le discours récent va dans ce sens, mais malheureusement les actes sont différents. L’interdiction du travail à temps partiel de moins de 24 heures, la loi sur les stages, le volet de la loi Hamon sur la transmission d’entreprise, la loi pénibilité… C’est pénible !Toutes ces mesures partent d’excellentes intentions, mais elles compliquent la vie des dirigeants. Dans notre secteur, la revue de qualité des actifs nous a demandé un travail considérable (oui, on avait remarqué). Certaines équipes ont explosé les horaires. La faute à qui ? L’inspection du travail nous a épinglés. La faute à qui ? Résultat, tous les cadres vont être obligés de badger à l’entrée et à la sortie des bureaux. La faute à qui ? Cette mesure est mal vécue… La faute à qui ?

C’est quand même étonnant, cette façon de voir la paille dans l’œil du voisin sans voir la poutre qui est dans le sien ! Et il faut quand même être gonflé pour argumenter ainsi : on s’est mis hors la loi, on s’est fait attraper, on a été condamnés, donc il faut changer la loi ! Et puis quoi, encore ? La prochaine fois, François Pérol ferait mieux d’écouter l’UNSA. On avait tiré la sonnette d’alarme suffisamment tôt. Et récemment encore, nous avons proposé une solution alternative permettant d’éviter de badger. Que les choses soient bien claire : le seul et unique responsable de tout cela c’est la direction !

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