mercredi 21 janvier 2015

Avis défavorable du CE, voté à l'unanimité le 20 janvier, sur le projet de transfert de la DISG à Natixis

Le projet de transfert des activités de gestion de l’immobilier et de la logistique de la DISG de BPCE vers Natixis répond à la stratégie du directoire de rechercher la moindre économie.
Cependant, le dossier présenté au comité d’entreprise, enrichi par l’analyse du Cabinet Ipso Facto et par l’avis du CHSCT :
-          ne démontre pas les économies estimées ;
-          crée un traumatisme social ;
-          ne garantit pas l’organisation et le maintien de l’emploi malgré un cadre juridique sécurisant le transfert.

Les enjeux économiques et financiers
Le seul objectif chiffré est l’affirmation d’une économie de 1 M€. Cette économie potentielle représente 0,3 % des budgets réunis des services généraux de Natixis et de BPCE et 0,7 % hors loyers.
Cette appréciation ne s’appuie pas sur la réalisation d’études précises et détaillées, mais relève d’une évaluation « à dire d’expert(s) ». En d’autres termes, ce chiffre n’est pas démontré mais affirmé.
Compte tenu des prestations demandées et du rapport qualité prix obtenu jusqu’à présent à BPCE, il semble pourtant qu’il n’y ait plus grand-chose à obtenir sauf à réduire les services, leur qualité et/ou le personnel de l’entreprise.
La convention de services entre les entreprises, décrivant les services (ce qui doit continuer d’exister voire de s’améliorer à BPCE) et les conditions de facturation s’appuyant sur un régime fiscal dérogatoire, n’a été présentée ni aux instances ni aux experts, seuls ses principes l’ont été succinctement. Maintien des prestations existantes et facturation à l’euro près.
Aucun état des lieux n’a été réalisé, en amont, des prix payés par prestation par BPCE SA et par Natixis SA, comparés à celui attendu in fine.
Aucune solution alternative n’a été présentée car manifestement pas étudiée.
Cela se concrétise par une argumentation très faible, visant à justifier les synergies, qui s’appuie sur un raisonnement global et de principe. L’impact économique du projet Klee pour l’organe central, et la réduction effective de ses charges post-projet, ne sont ni mesurables ni évaluables.
Le Comité d’entreprise observe que tout est fait pour ne pas contrarier le président du directoire et pour lui dire ce qu’il avait envie d’entendre afin de justifier sa décision a posteriori.
En effet, ce projet n’apporte aucune véritable économie. La direction doit considérer qu’au pire cela coûtera aussi cher ! Les salariés concernés apprécieront d’être traités comme des pions

Les conditions de travail
Le Comité d’entreprise a demandé l’avis du CHSCT sur ce point, appuyé par l’expertise du Cabinet Orseu.
Le CHSCT relève ainsi dans son avis défavorable (annexé au PV) que :
-          les conditions de travail préexistantes à la DISG BPCE sont satisfaisantes ;
-          la direction de l’entreprise est éloignée du terrain ;
-          le projet occasionne des craintes importantes pour l’avenir et l’emploi ;
-          le projet est de nature à dégrader les conditions de travail et la santé des salariés concernés ;
-          le projet génère un risque important de dilution des responsabilités impactant la qualité de services et la sécurité au travail des salariés de BPCE.
Le Comité d’entreprise relève que ce projet génère un traumatisme social dont la direction n’apprécie absolument pas l’importance en décidant d’un projet ne tenant pas compte de cette réalité.

Le cadre juridique et organisationnel
Le projet peut sembler relativement protecteur et sécurisé pour les salariés concernés, voire avantageux : application du L.1224-1 du code du travail qui se traduit par le transfert du contrat de travail (rémunération, ancienneté, etc.) et l’application du statut social de Natixis.
Mais la question que chacun se pose est de savoir combien de temps l’emploi sera maintenu.
Il est prévu une optimisation des organisations internes au fur et à mesure des départs naturels. Mais, on ne connaît pas les critères selon lesquels la direction jugera que cette optimisation a été atteinte et que l’objectif est rempli. Ces critères ne seraient encore ni chiffrés ni évalués. Cependant, au cours de son entretien avec les représentants du personnel, F. PEROL n’a pas fait de langue de bois sur le sujet : « les organisations évoluent ». C’est bien cela qui inquiète particulièrement les salariés de la DISG.
Quel sera le « coup d’après », dans une entreprise où leur activité est actuellement sous-traitée à des prestataires ? Aucune garantie n’est apportée sur la pérennité des postes.
La présentation clivante faite par la direction (« c’est mieux et moins cher à Natixis, les outils sont plus efficaces… ») a dévalorisé les salariés concernés, n’a fait qu’accroître leur défiance à l’encontre du projet et renforcer leur inquiétude.
De plus, l’efficacité opérationnelle de ce projet peut être mise en cause. En effet, intégrés à la communauté de travail de Natixis, les salariés en charge de l’organe central, de ses implantations, du cadre de travail de ses salariés, verront nécessairement se distendre un lien de proximité avec leurs interlocuteurs et partenaires, lien que la communauté d’entreprise favorisait, ne serait-ce que dans la culture d’entreprise ou les méthodes de travail et ce d’autant plus que la dispersion des salariés de la DISG sur les différents sites augmentera les difficultés de communication entre eux.

Conclusion
Dans le même temps qu’elle veut transférer les services généraux pour générer prétendument une économie d’1 M€, la direction expose l’entreprise à une très forte amende en n’obtempérant pas aux consignes de l’inspection du travail (dossier AQR). Ceci prouve que ce qui fonde les décisions de la direction n’est ni une gestion économe ni le bien-être du personnel.
Ce « petit projet, d’une effroyable banalité » (dixit F. PEROL le 17 décembre au conseil de surveillance) annonce probablement d’autres projets de même nature. En effet, les directions commencent toujours par le regroupement de fonctions support. Les termes « activités similaires » et « géographiquement très proches » ne concernent pas exclusivement les fonctions de gestion immobilière et de logistique de BPCE SA et de Natixis SA. De par la proximité géographique de leurs implantations et les similitudes de leurs organisations, ce raisonnement semble pouvoir s’appliquer à divers services de l’organe central et de sa filiale, voire à d’autres établissements comme le Crédit Foncier ou Palatine. A quand d’autres métiers ? 
Comme l’histoire de BPCE SA l’a montré, ce qui est considéré aujourd’hui comme davantage spécifique peut l’être moins demain. D’autres transferts significatifs ont déjà été opérés avec Natixis (création d’une plate-forme de liquidité commune localisée au sein de Natixis). Tout cela dessine une répartition des tâches entre l’organe central et sa filiale où BPCE ne conserve qu’un rôle de pilotage et d’animation quand les réalisations opérationnelles sont confiées à Natixis.

Avis défavorable

PS : dans l’hypothèse où l’employeur s’obstinerait à mettre en œuvre ce projet, malgré les avis défavorables du Comité d’entreprise et du CHSCT, unanimement, les élus et représentants syndicaux du Comité d’entreprise demandent à ce que les organisations syndicales de BPCE participent aux négociations d’harmonisation des statuts préalablement au transfert des salariés de la DISG vers Natixis

mercredi 14 janvier 2015

Mieux vaut tard...

Lors des voeux, François Pérol nous a appris la triste nouvelle concernant nos collègues de la BICEC.
On était alors le 8 janvier. Les faits s'étaient produits le 20 décembre.

Nous pouvons comprendre qu'on ne nous tienne pas au courant de tous les faits divers, parfois tragiques, concernant les Banques, les Caisses et les différentes filiales du Groupe. Mais lorsque deux collègues tombent victimes du terrorisme, il nous semble que cela dépasse le cadre de "l'effroyable banalité" chère à notre Président.

Voici donc quelques lignes extraites de la dépêche de l'agence de presse Xinhua, le 20 décembre.

"Les agents de la BICEC ont été froidement tués avec un élément du BIR (Bataillon d'intervention rapide, unité d'élite de l'armée camerounaise, NDLR)", a rapporté une de ces sources jointes par Xinhua, tandis qu'une autre précisait que les victimes ont été " égorgées", méthode de massacre généralement utilisée par Boko Haram.
En poste à Kousseri, ville frontalière de la capitale tchadienne N'Djamena, ces travailleurs de la BICEC se rendaient à Maroua, principale ville de la région de l'Extrême-Nord, en compagnie d'une escorte constituée de soldats du BIR."

mercredi 7 janvier 2015

Un dossier d'une effroyable banalité !*

* dixit François Pérol le 17 décembre 2014 devant le conseil de surveillance à propos du transfert des 37 personnes de la DISG chez Natixis.

Les salarié(e)s concerné(e)s apprécieront...

Nous verrons bien ce soir, lors des voeux, au moment où il complimentera tour à tour chacune des directions de l'entreprise, comme il est de coutume de le faire, ce qu'il dira des services généraux. S'il était sincère, il ne dirait qu'une seule chose, à toutes les directions : son voeu de faire des économies d'échelle.

Mais quoi qu'il dise, vous ne serez pas obligés d'applaudir à la fin...