mardi 6 décembre 2016

Les avis du CE sur la réorganisation de BPCE : commençons par le commencement...

Consulté sur plusieurs réorganisations touchant directement ou indirectement 80% des salariés de BPCE, le Comité d'entreprise a demandé que ces consultations soient liées à la consultation désormais obligatoire annuellement sur les orientations stratégiques de l'entreprise. Le Comité d'entreprise a décidé de faire appel à un cabinet d'expertise pour l'appuyer dans l'analyse de ces réorganisations, au regard des orientations stratégiques.
Nous vous livrons ici la conclusion de l'avis sur ces orientations stratégiques, dont l'intégralité est disponible ici. Le détail des avis concernant les différents pôles seront mis en ligne dans les jour à venir.

Cet avis s’appuie sur :
  • un document de présentation établi par la direction, présenté au Comité d’entreprise le 16 novembre 2016 ;
  • les dossiers relatifs aux réorganisations des pôles, présentés au Comité d’entreprise le 4 octobre 2016 (dont plusieurs éléments sont repris et intégrés au document relatif aux orientations stratégiques évoqué ci-dessus) ; ainsi que celui relatif au transfert d’activités de la Direction des Paiements Groupe à Natixis Payment Solutions ;
  • le rapport d’expertise réalisé par le cabinet Ipso-Facto à la demande du Comité d’entreprise, dans le cadre d’une mission légale (art. L. 2325-35 du Code du travail) ;
  • les échanges avec la direction, notamment lors des séances plénières des 4 octobre, 16 novembre, 26 novembre, et lors de la restitution de ce rapport le 5 décembre 2016.
Conclusion de l'avis

Le Comité d’entreprise renouvelle ses regrets quant à l’absence, revendiquée par la direction, d’orientations stratégiques ou de feuille de route d’ensemble qui donne à BPCE SA un sens en tant qu’entreprise. Il rappelle le caractère dommageable de définir BPCE SA comme une seule juxtaposition de pôles autonomes, ce qui, d’une part, laisse dans le flou la question de l’utilité et de la nécessité de BPCE SA en tant qu’entreprise, et, d’autre part, conduit à ce que les enjeux traversant l’entreprise ne trouvent pas de réponse.
Il en va tout particulièrement ainsi d’une gestion des enjeux sociaux de BPCE SA qui soit à la hauteur des enjeux des transformations annoncées (évolutions des métiers, des compétences, des modes de travail) et qui sache apporter une vision d’ensemble au corps social. Alors que, paradoxalement, les orientations données visent au développement de la transversalité et des mobilités au sein de l’entreprise.

Cette absence de visibilité concerne également les modalités selon lesquelles BPCE SA est appelée, d’une part, à évoluer vers un rôle de société de conseil pour les autres entités du Groupe, d’autre part à développer des prestations plus affinées en matière de pilotage et de surveillance des établissements du Groupe, sur le plan réglementaire tout particulièrement.

Le Comité d’entreprise souligne à nouveau l’absence étonnante d’accompagnement RH et d’accompagnement du changement dans le cadre des profondes refontes imminentes des pôles qui lui sont présentées. Ceci constitue une source de très grande inquiétude pour les salariés. Le Comité d’entreprise précise qu’il a conscience de la nécessité pour BPCE SA, comme pour toute entreprise, de s’adapter. Ce qui anime et préoccupe le Comité d’entreprise est avant tout le souci que la mise en œuvre de ce changement ne se fasse pas sans, voire contre les salariés eux-mêmes. Ce changement doit emporter l'adhésion de l’ensemble des salariés. C’est la condition pour obtenir des résultats positifs pour les salariés eux-mêmes ainsi que pour l’entreprise comme collectif, mais aussi pour les maisons-mères pour qui sont réalisées les activités de BPCE SA.

Le Comité d’entreprise fait observer la mise en tension supplémentaire qu’a induit la précipitation avec laquelle la direction a voulu mener la préparation de ces réorganisations et la consultation du Comité.
Cette précipitation s’avère in fine d’autant plus dommageable qu’elle participe directement du caractère néfaste de certaines modalités des réorganisations, que dénonce le Comité d’entreprise dans cet avis, et de l’absence de préparation de l’accompagnement des transformations annoncées en matière de compétences, d’usages et de modes de travail. Ceci concerne autant les éléments liés aux réorganisations de pôles, que l’adaptation de l’ensemble des modes de travail à ceux du digital.
Faute de s’être donné les moyens de correctement préparer ces transformations et leur nécessaire accompagnement, la direction, renvoyant ainsi les modalités de conduite du changement à l’après réorganisations, prend le risque de mettre en danger un nombre considérable de salariés. Les réorganisations des pôles BCA, TEO et Digital impliquent 568 salariés, soit 38% des effectifs de BPCE SA, sans compter la création de la DRCCP (fusion DRG et Conformité, 268 salariés) dont l’organisation a été présentée en juin dernier, et sans compter le pôle Finance (363 salariés) qui ne va certainement pas manquer de se réorganiser en profondeur et sera prochainement affecté par le Plan d’Efficacité Opérationnelle. Ainsi 80% du personnel de BPCE auront été concernés par ces réorganisations en 2016.

C’est à ce titre que le Comité d’entreprise enjoint la direction d’élaborer sans tarder un plan d’accompagnement d’ensemble, qui inclut l’accompagnement des transformations engagées à court terme et une gestion prévisionnelle des emplois et des compétences, pour assurer la bonne tenue des transformations à moyen terme. À ce titre, le Comité d’entreprise réitère son incompréhension que les démarches de GPEC n’aient pas été engagées, et plus encore, qu’elles soient seulement jugées chronophages et non adaptées par la direction.

Au prisme budgétaire, unique feuille de route transversale qui semble animer pour l’heure le Secrétariat général, doit venir impérativement s’ajouter une prise en compte des enjeux humains.
En conséquence, le Comité d’entreprise :
  • appelle à la définition d’orientations et d’une feuille de route au niveau de l’entreprise BPCE SA, dont l’absence se révèle plus que jamais regrettable ;
  • alerte sur les dangers de réduire les orientations de BPCE SA à la contrainte budgétaire ;
  • attire l’attention sur les questions de positionnement de BPCE SA par rapport à Natixis que soulève un nouveau transfert d’activités (en l’espèce celui de la Direction des Paiements Groupe à Natixis) tant pour BPCE SA que pour les réseaux Banque Populaire et Caisse d’Épargne ;
  • souligne l’urgence de replacer l’humain au centre de la conduite de BPCE SA ;
  • appelle à la mise en œuvre d’un accompagnement Métier et RH des transformations engagées ;
  • réaffirme l’impératif de mettre en place une démarche de Gestion Prévisionnelle des Emplois et des Compétences, et appelle par ailleurs à un meilleur encadrement du recours aux prestataires externes ;
  • s’alarme enfin des modalités de mise en œuvre des réorganisations et de leurs effets délétères et appelle à leur révision immédiate.

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