jeudi 23 mars 2017

Le monde à l'envers

A lire la prose de certains syndicats, le fait qu'un syndicat se retrouve en position majoritaire pourrait se révéler contraire à l'intérêt des salariés...

Que cela soit contraire à l'intérêt des syndicats minoritaires, on peut certes l'entendre...

Mais que cela soit contraire à l'intérêt des salariés, c'est déjà plus difficile à comprendre. L'UNSA BPCE était en effet majoritaire lorsqu'elle a signé, seule, l'accord d'intéressement qui a rapporté aux salariés, en moyenne sur 3 ans, 6 mois de salaire (pour un montant total de 40 M €)  !

A votre avis, qu'est-ce qui est le plus facile à gérer pour la direction ? Quatre syndicats à 25% chacun, en utilisant la technique bien connue consistant à diviser pour mieux régner ? Ou un syndicat fort, dont la légitimité s'appuie sur des centaines de votes ? Un syndicat majoritaire n'a aucun intérêt à brader sa signature. Chacun dans l'entreprise sait en effet qu'il est le principal, pour ne pas dire le seul, responsable de la qualité des accords signés. Et cela, bien entendu, la direction le sait aussi.

L'UNSA BPCE a d'ailleurs refusé de signer plusieurs accords, tels que celui relatif au travail de nuit (cf. notre tract du 10 janvier 2017) ou celui relatif aux NAO 2016 (cf. notre tract du 1er avril 2016), pourtant signé hier par ceux qui aujourd'hui laissent entendre qu'un syndicat majoritaire pourrait signer demain un accord au rabais !

Il y aura durant le prochain mandat des accords très importants à négocier, avec des enjeux probablement plus importants encore que ceux d'un accord d'intéressement.

A vous de décider à qui vous voulez confier le sort de ces négociations. A des syndicats agissant en ordre dispersé, obligés de conclure des alliances de circonstances... ou à un syndicat qui a déjà fait la preuve, en position majoritaire, de sa capacité à défendre les intérêts des salariés.

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