mercredi 28 février 2018

Editions de l'épargne : 10 salariés bradés

Lors de la réunion du Comité d'entreprise de janvier, le projet de cession des Editions de l'Epargne (structure regroupant une dizaine de salariés) à Diffusion Plus, partenaire du Groupe, a été présenté.

S'il présente quelques aspects positifs (maintien sur site de Masseran pour un an avant le déménagement dans le 92, maintien des prestations du CE pour 2018, garantie d'emploi jusqu'en 2021 mais sous réserve d'un certain niveau d'activité), ce projet aboutira pour les salariés des Editions de l'Epargne à une perte importante de pouvoir d'achat :
 - ils bénéficiaient jusqu'à présent d'un intéressement et d'un dispositif d'épargne salariale ; ces accords seront dénoncés fin 2018 ; rien n'est prévu en remplacement ou en compensation ;
- ils bénéficiaient jusqu'à présent des prestations du CE de BPCE ; ils n'en auront pas chez Diffusion Plus.

Voilà comment sont traités les collaborateurs de nos filiales lorsqu'elles sont cédées à l'extérieur.
On comprend que les salariés de BPCE International soient inquiets !

Nous rappelons toutefois que les Editions de l'Epargne entrent dans le périmètre de l'accord GPEC Groupe signé récemment. A ce titre, nous demandons que les salariés des Editions de l'Epargne qui souhaiteraient demander une mobilité au sein du Groupe soient reçus dans les meilleurs délais par la DRH.


lundi 26 février 2018

BPCE toujours en froid avec le télétravail


Tract du 22 février


Un intéressement record qui tombe à pic

 

La direction attendait avec impatience de pouvoir annoncer une bonne nouvelle… Elle peut le faire grâce à l’enveloppe d’intéressement qui va, au titre de 2017, établir un nouveau record. L’UNSA BPCE se félicite d’avoir signé les accords d’intéressement. D’abord seule pour l’accord précédent puis avec deux autres organisations syndicales pour le présent accord. Pour autant, ces bons résultats ne doivent pas occulter les autres éléments de la politique salariale de BPCE, très inquiétante. Après une Négociation Annuelle Obligatoire qui s’est soldée par un zéro pointé en matière d’augmentation collective, le budget des augmentations individuelles n’a jamais été aussi faible (1%) !  

Une bonne nouvelle dont nous nous réjouissons, mais…

Les bons résultats financiers du groupe influent favorablement sur trois des six critères qui servent au calcul de l’intéressement. Il en va de même de l’activité commerciale (nombre de clients actifs). Enfin, la maîtrise des charges récurrentes (hors frais de personnel) et le résultat de l’enquête conduite auprès des Banques et des Caisses tirent le résultat à la hausse. Au total, l’intéressement se monte ainsi à 10,55% de la masse salariale (pour mémoire, le meilleur résultat était jusqu’à présent celui de 2014 avec 9,6%). Il nous faut toutefois rappeler que l’intéressement reste un élément variable et aléatoire de rémunération et que rien ne garantit que les années à venir seront du même niveau. Il nous faudra d’ailleurs être vigilants en 2019 lors de la négociation du prochain accord, pour préserver cet avantage.

Rideau de fumée et diversion

Il faut  remonter à 2014, pour trouver la trace d’une annonce aussi précoce de l’intéressement, fin février (habituellement, c’est plutôt fin mars) ! La direction a sans doute bien besoin de cela pour faire passer la pilule de l’échec de la NAO qui se traduit par une augmentation collective de 0% pour les salariés (à moins que la direction se décide peut-être à faire un geste). Mais  ce résultat exceptionnel ne remplace pas une politique salariale digne du deuxième groupe mutualiste français. A moins qu’il ne soit mutualiste que pour ses clients, mais pas pour ses salariés ?
Depuis la création de BPCE en 2009, rien n’a changé

Presque dix ans ont passé, et la direction refuse de faire évoluer le socle social négocié au moment de la fusion. La demande (très raisonnable) de porter l’abondement de 2 250 euros à 2500 euros a été refusée.

Nous sommes pourtant très en deçà de ce que la loi autorise, puisqu’elle fixe le montant maximum d’abondement à plus de 3 000 €  (8% du plafond annuel de la sécurité sociale) !

 
Une politique salariale dépassée

Si  BPCE SA a aujourd’hui des difficultés à recruter de nouveaux talents (ce qui ne veut pas dire que les anciens n’en ont pas…), c’est tout sauf un hasard*. Rappelons que le dernier accord NAO signé par l’UNSA BPCE  remonte à… 2011 (+1% pour les salaires allant jusqu’à 100 K€) ! Mais depuis, au-delà de 70 K€ (voire 50 K€) les salariés semblent suspectés d’être trop payés, et les différentes mesures unilatérales prises par l’employeur en matière d’augmentations collectives ont laissé sur le carreau plus de  la moitié des salariés. La rigidité de la DRH sur le sujet pose question. Et ce n’est pas le budget de 1% alloué en 2018 aux augmentations individuelles (le plus faible jamais vu depuis la création de BPCE) qui va changer quoi que ce soit !
 

François Pérol a déclaré récemment** que « dans une banque mutualiste, on peut mourir d’ennui, on ne meurt jamais de faim ». Considère-t-il que les salariés de BPCE SA sont trop payés (sans aller toutefois jusqu’à s’appliquer à lui-même ce raisonnement) ?  C’est en tout cas ce que peut laisser supposer l’échec des NAO.
Les salariés apprécieront donc à sa juste valeur cet intéressement obtenu au titre de 2017 : un élément variable important et mérité, mais qui ne garantit en aucun cas le niveau de leur rémunération pour l’avenir.
Par conséquent, l’UNSA BPCE maintient sa demande d’une mesure salariale pérenne touchant une large majorité de salariés.

 

*Patrick Artus, chef économiste de Natixis, Le Monde Economie du 20 février 2018 : « Pour recruter, les entreprises devront faire plus d’efforts que par le passé »

**http://www.lepoint.fr/economie/francois-perol-le-banquier-suture-04-12-2017-2177168_28.php

vendredi 16 février 2018

Tract du 16 février 2018



François Pérol 500 - salariés 0

La Négociation Annuelle Obligatoire vient de s’achever.  Verdict : la direction a rejeté la demande de l’UNSA BPCE et des autres organisations syndicales d’une augmentation collective de 0,5% pour les salaires inférieurs à 100 K€ (après une demande initiale de 1,3%), assortie d’une augmentation du plafond de l’abondement sur le PEE / PERCO-I de 250 € (soit 2 500 € contre 2 250 aujourd’hui).De fait, l’UNSA BPCE a rejeté la  proposition de la direction d’une augmentation collective de 0,5% pour les salaires inférieurs à 70 K€. Il reste à savoir si la direction prendra une mesure unilatérale ou pas…

La moitié du personnel sur le banc de touche
Depuis 2011 (date de la dernière signature d’une NAO par l’UNSA BPCE), toutes les mesures salariales prises par la direction ont comporté un plafond excluant  environ 50% des salariés de BPCE. Pour 2018, la mesure proposée par la direction concernait uniquement les salaires inférieurs à 70 K€, ce qui n’est même pas le niveau médian des salaires de BPCE ! De plus, cette mesure ne comportant pas de « plancher » (à 500 € d’augmentation par exemple), elle se serait traduite par des montants mensuels nets très faibles (17 € pour un salaire brut annuel de 50.000€).  

La «remontada », c’est pour François Pérol
En capitaine d’équipe exemplaire, il n’est pas interdit à M. Pérol de faire augmenter son salaire dans des proportions raisonnables, eu égard aux contraintes imposées aux salariés du groupe. Or, une fois le verdict de la cour d’appel rendu, au mois de mai 2017, ça n’a pas traîné : salaire fixe passé de 550 K€ à 1,05 M€. Indécence : si on fait le calcul de la mesure proposée par la direction, on n’arrive même pas à ce montant annuel de 500 K€, en cumulant son effet sur tous les salariés de l’entreprise !  Dans son message annonçant les résultats, il déclarait pourtant : «  je mesure combien ces résultats sont le fruit de la contribution et de l’engagement de chacune et chacun d’entre vous… ». Les salariés, eux, pourront mesurer la différence entre considération et rémunération !

Et l’esprit d’équipe, dans tout ça ?
La position de la direction est simple : toujours moins d’augmentations collectives. … on ne peut même pas dire « toujours plus d’augmentations individuelles » car l’enveloppe des augmentations individuelles ne cesse de diminuer : 1% seulement pour 2018 contre 1,2% l’année précédente. Deux poids, deux mesures, une équipe A et une équipe B. D’un côté les dirigeants, de l’autre les petits joueurs. D’un côté les digitaux, les agiles, de l’autre les salariés « has been », trop payés et trop nombreux. Dans un contexte de transformation digitale, la DRH nous vante les mérites de l’esprit startup, du travail collaboratif qui est censé abolir les barrières hiérarchiques pour libérer la créativité des collaborateurs. Oui mais… en matière d’augmentations de salaire, ça reste « chacun pour soi » !  Dans ces conditions, peut-on croire que les salariés, en compétition pour une augmentation, vont facilement collaborer entre eux ?

Des mercatos difficiles
Notre DRH ne s’en cache pas : il est difficile de recruter à BPCE. Et pour cause ! Il en est même à proposer des primes aux salariés qui cooptent un candidat ! Peut-être devrait-il se poser les bonnes questions. Pour 800 euros, les salariés de BPCE sont-ils prêts à faire venir un proche dans une entreprise  qui traite ainsi ses collaborateurs ? Ce n’est pas certain, l’amour du maillot a des limites…

Pour l’UNSA BPCE, la transformation de l’entreprise passe aussi par la transformation d’une politique salariale qui reste celle du siècle (et même du millénaire) dernier.  Les nouveaux postes de travail, les nouveaux aménagements ne sont que de la poudre aux yeux.
La balle est désormais dans le camp de la direction : l’UNSA BPCE SA ayant refusé de signer, la direction choisira-t-elle de prendre une mesure salariale unilatérale, ou bien en profitera-t-elle  pour faire de nouvelles économies sur le dos des salariés ?

jeudi 8 février 2018

Déclaration des élus de l'UNSA BPCE en réunion des délégués du personnel


Les élus UNSA constatent la bienveillance du message adressé par la boîte mail générique SOS Gestion des temps hier à 14h 33. Ce message tient bien sûr compte des résultats de l'enquête Plan de Mobilité BPCE réalisée en décembre dernier où 44% des collègues utilisent le RER ou le train pour venir jusqu'à leur lieu de travail ; 12,5 % utilisent une voiture ou un deux roues, 56 % habitent à plus de 10 km de BPCE et qu'enfin 47 % mettent plus de 45 minutes pour rejoindre BPCE... 

Ces éléments sont à corréler avec les informations transmises par les autorités franciliennes (préfecture de police et préfecture de région) appelant les personnes à ne pas se déplacer, des interruptions de trafic sur la plupart des lignes RER et Transilien, de la fermeture des écoles et des cantines pour cause d'intempéries...

Ce message traduit ainsi la modernité des relations sociales au sein de BPCE et montre l'ampleur de la marche à franchir pour atteindre l'ambition fixée par TEC 2020 de faire de BPCE un employeur de référence pour attirer les meilleurs talents. Pour mémoire 44% des salariés répondants à cette enquête estiment que le télétravail constituerait pour eux une solution.

Est-ce avec une telle bienveillance (départ anticipé de 30' ou jour de congés à poser) que nous allons devenir cet employeur de référence ?

Les élus UNSA auraient aimé lire que BPCE était bien conscient des intempéries, de leur caractère exceptionnel, de la dangerosité des déplacements en :
- remerciant les collaborateurs qui ont réussi à se déplacer malgré les conditions météorologiques,
- étudiant avec attention et bienveillance les cas des collègues qui n'auraient pas pu se déplacer...

Nous demandons donc à la DRH de bien vouloir faire évoluer sa communication et ses actions vers plus d'agilité et de digital.