lundi 26 février 2018

Tract du 22 février


Un intéressement record qui tombe à pic

 

La direction attendait avec impatience de pouvoir annoncer une bonne nouvelle… Elle peut le faire grâce à l’enveloppe d’intéressement qui va, au titre de 2017, établir un nouveau record. L’UNSA BPCE se félicite d’avoir signé les accords d’intéressement. D’abord seule pour l’accord précédent puis avec deux autres organisations syndicales pour le présent accord. Pour autant, ces bons résultats ne doivent pas occulter les autres éléments de la politique salariale de BPCE, très inquiétante. Après une Négociation Annuelle Obligatoire qui s’est soldée par un zéro pointé en matière d’augmentation collective, le budget des augmentations individuelles n’a jamais été aussi faible (1%) !  

Une bonne nouvelle dont nous nous réjouissons, mais…

Les bons résultats financiers du groupe influent favorablement sur trois des six critères qui servent au calcul de l’intéressement. Il en va de même de l’activité commerciale (nombre de clients actifs). Enfin, la maîtrise des charges récurrentes (hors frais de personnel) et le résultat de l’enquête conduite auprès des Banques et des Caisses tirent le résultat à la hausse. Au total, l’intéressement se monte ainsi à 10,55% de la masse salariale (pour mémoire, le meilleur résultat était jusqu’à présent celui de 2014 avec 9,6%). Il nous faut toutefois rappeler que l’intéressement reste un élément variable et aléatoire de rémunération et que rien ne garantit que les années à venir seront du même niveau. Il nous faudra d’ailleurs être vigilants en 2019 lors de la négociation du prochain accord, pour préserver cet avantage.

Rideau de fumée et diversion

Il faut  remonter à 2014, pour trouver la trace d’une annonce aussi précoce de l’intéressement, fin février (habituellement, c’est plutôt fin mars) ! La direction a sans doute bien besoin de cela pour faire passer la pilule de l’échec de la NAO qui se traduit par une augmentation collective de 0% pour les salariés (à moins que la direction se décide peut-être à faire un geste). Mais  ce résultat exceptionnel ne remplace pas une politique salariale digne du deuxième groupe mutualiste français. A moins qu’il ne soit mutualiste que pour ses clients, mais pas pour ses salariés ?
Depuis la création de BPCE en 2009, rien n’a changé

Presque dix ans ont passé, et la direction refuse de faire évoluer le socle social négocié au moment de la fusion. La demande (très raisonnable) de porter l’abondement de 2 250 euros à 2500 euros a été refusée.

Nous sommes pourtant très en deçà de ce que la loi autorise, puisqu’elle fixe le montant maximum d’abondement à plus de 3 000 €  (8% du plafond annuel de la sécurité sociale) !

 
Une politique salariale dépassée

Si  BPCE SA a aujourd’hui des difficultés à recruter de nouveaux talents (ce qui ne veut pas dire que les anciens n’en ont pas…), c’est tout sauf un hasard*. Rappelons que le dernier accord NAO signé par l’UNSA BPCE  remonte à… 2011 (+1% pour les salaires allant jusqu’à 100 K€) ! Mais depuis, au-delà de 70 K€ (voire 50 K€) les salariés semblent suspectés d’être trop payés, et les différentes mesures unilatérales prises par l’employeur en matière d’augmentations collectives ont laissé sur le carreau plus de  la moitié des salariés. La rigidité de la DRH sur le sujet pose question. Et ce n’est pas le budget de 1% alloué en 2018 aux augmentations individuelles (le plus faible jamais vu depuis la création de BPCE) qui va changer quoi que ce soit !
 

François Pérol a déclaré récemment** que « dans une banque mutualiste, on peut mourir d’ennui, on ne meurt jamais de faim ». Considère-t-il que les salariés de BPCE SA sont trop payés (sans aller toutefois jusqu’à s’appliquer à lui-même ce raisonnement) ?  C’est en tout cas ce que peut laisser supposer l’échec des NAO.
Les salariés apprécieront donc à sa juste valeur cet intéressement obtenu au titre de 2017 : un élément variable important et mérité, mais qui ne garantit en aucun cas le niveau de leur rémunération pour l’avenir.
Par conséquent, l’UNSA BPCE maintient sa demande d’une mesure salariale pérenne touchant une large majorité de salariés.

 

*Patrick Artus, chef économiste de Natixis, Le Monde Economie du 20 février 2018 : « Pour recruter, les entreprises devront faire plus d’efforts que par le passé »

**http://www.lepoint.fr/economie/francois-perol-le-banquier-suture-04-12-2017-2177168_28.php

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