mardi 3 avril 2018

C'est ton dernier mot, Jean-Luc...

Jeudi 29 mars, la réunion du comité d'entreprise était la dernière de Jean-Luc DEBARRE, deux jours avant son départ à la retraite, après 17 années passées en tant que Secrétaire du CE. Ce n'était pas uniquement pour dire "au revoir" et comme à son habitude, il n'a pas résisté à l'envie de faire passer quelques messages à la direction...


"Je viens de participer à ma dernière séance de comité d’entreprise.  En effet, je vais quitter très prochainement l’entreprise pour cause de retraite.

Je vais éviter de retracer mes années de travail et de représentant du personnel. J’ai connu de très nombreuses évolutions et des transformations importantes tout au long de ma carrière accomplie dans la banque (cela va de la dématérialisation des titres à la banque digitale d’aujourd’hui).

J’ai déjà connu de grandes mutations comme la transformation des caisses d’épargne en un grand groupe, comme la création de BPCE dans un contexte financier catastrophique pour le groupe à naitre.

Mais aujourd’hui, c’est une profonde mutation de tous les métiers de la banque qu’il s’agit d’affronter. Ce mouvement n’épargnera nullement une structure de siège comme BPCE SA, accentué en cela par une gestion drastique, voire aveugle, des ETP elle-même motivée par une exemplarité dont les représentants du personnel n’ont pas la même définition.

La question que tout le monde se pose est de savoir si la direction et ses rouages seront à la hauteur de ce changement pour non seulement donner le cap mais aussi pour permettre à chacun de trouver sa place.

La préservation de l’emploi est le défi numéro 1 à relever, encore plus aujourd’hui, par les représentants du personnel.

Il est primaire de faire partir les salariés qui ne conviennent pas ou plus (en utilisant tous les moyens).
Il est plus complexe mais plus riche humainement de valoriser et de faire évoluer les nombreuses compétences pour les adapter aux besoins de l’entreprise de demain.

J’ai rarement connu des moments aussi compliqués et aussi difficiles.

Dans un contexte où « le chacun pour soi » risque de devenir, et même devient, encore plus dominant, dans un environnement de travail où le climat est de plus en plus délétère.

J’entends déjà la direction et ses divers représentants une nouvelle fois me dire « vous exagérez la situation ! », « ce n’est quand même pas la mine ! » auraient dit d’autres.
Je leur réponds : « Écoutez. Ouvrez les yeux. Vous êtes aussi concernés. C’est l’engagement collectif qui permettra de faire face. La déshumanisation et l’individualisme sont une plaie mortelle pour l’entreprise. »

Je veux malgré tout rester optimiste car j’ai toujours cru aux valeurs humaines, même cachées au plus profond de chacun d’entre nous. Je ne serai plus là pour continuer à aller les chercher. Mais le relais est assuré. 

Bon courage à tous"

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